Le 17 novembre 1838, il y a 178 ans
aujourd’hui, était créé à la Scala de Milan, l’opéra de Giuseppe Verdi, « Oberto ». À défaut d'un
triomphe, l'œuvre obtient un authentique succès tant public que critique et
gagne progressivement tous les théâtres italiens…
Ils s’y sont tous mis – télé,
opéra de paris, chef d’orchestre, metteur en scène – pour dénaturer ce chef
d’œuvre de Verdi et obliger le public à retourner aux versions troquées et
médiocres en langue italienne. D’abord et en tout premier, l’incompétence
criante d’un chef complètement paumé, hors du coup, étranger au compositeur et
incapable de coordonner le plateau et la fosse. L’orchestre couinait comme les
pitoyables fanfares des villages les plus reculés et on ne peut pas dire que la
subtilité, le phrasé, la respiration et les mouvements saccadés avaient un
rapport avec la partition. Ensuite et pratiquement à égalité, le metteur en
scène qui a pondu une suite de laideurs que jamais je n’aurais pu imaginer, des
couleurs repoussantes, des décors de bric et de broc, des chanteurs-acteurs –
acteurs est très abusif – livrés à eux même ne sachant que faire, les bras
ballants et le regard hagard, ayant adopté – faute de chef d’orchestre et de
directeur de la scène – le chacun pour soi. Et enfin la télé – Arte- dont la
réalisation a été une des plus mauvaises, du jamais vu dans la retransmission
de l’opéra, avec des plans hors-sujet, des superpositions de laideurs d’image
qui ont dû faire fuir plus d’un téléspectateur. Je suis parti au début du 2e
acte, le premier ayant failli me porter à la crise cardiaque tellement ma
fureur était grande. En fait je n’ai pas reconnu mon opéra préféré, alors que
je l’ai en mémoire depuis l’âge de 16 ans et que j’en possède de multiples
versions d’une toute autre qualité. Dans la soirée je suis repassé deux ou
trois fois et ma conviction n’a pas changée. Les seuls moments d’émotion, je
les dois au génie de Verdi et peut-être à mon cerveau qui transposait la
bouillie parisienne en extraits de mes différents enregistrements. Dans ce
chaos mémorable, il m’a semblé que les deux dames auraient pu être sublimes si…
Du côté des messieurs je n’ai rien remarqué… il y a tellement mieux.Et puis, il faut bien le dire, Kaufmann
n’avait rien à faire ici. Il n’a plus la voix. Il n’est pas le personnage. Je ne peux croire ce que j'ai vu et entendu...
Ce
Don Carlos – version originale de Verdi composé sur un livret en langue
française - est un pur et immense chef-d’œuvre et les versions italiennes – Don
Carlo - toutes confondues font pâles figures. Pour être convaincus écoutez la
version Matheson ou la version De Billy (avec l’image) et vous vous
débarrasserez des autres versions. La version Châtelet aurait pu être
magnifique malgré quelques coupures, mais Alagna est tellement pitoyable –
comme à son habitude -, que le spectacle est gâché.
Ce soi je vais regarder et écouter pour m’informer. Mais mon bonheur, c’est la
version lyonnaise qui aura lieu en mars, parce que dans cette ville on peut
faire confiance à l’innovation et à la qualité. Et comme ce n’est pas moi qui
le dit, je vous donne avec grand plaisir la critique de ResMusica en qui je
fais généralement confiance et qui rejoint le sentiment que j’ai sur le chef de l’Orchestre
de l’Opéra de Paris. Il est vrai que j’ai beaucoup fréquenté son père Armin qui
était d’un autre gabarit : « On attendait le scandale sur le
plateau, c’est dans la fosse que finalement on le trouve. Ou peut-être dans cette
salle de l’Opéra Bastille qui offre une ovation tonitruante à un chef ayant
transformé sans complexe la musique de Verdi en une pompeuse fanfare.
L’introduction, puis le chœur des bûcherons et de leurs femmes,
incompréhensible et noyé par ce tsunami orchestral… On s’accroche à notre
fauteuil dès les premiers instants tellement le choc est grand. Comme si pour
écrire une lettre d’amour, Philippe Jordan avait opté pour
un feutre Velleda (qui bave !) au lieu d’une pointe fine. C’est grossier
(cuivres), c’est maniéré (quand se terminent ces silences ?), c’est
incohérent (les trompettes au duo Rodrigue/Carlos), c’est rigide (un peu de rubato peut-être ?)… Mais Verdi reste Verdi, et
lorsque le sublime solo de violoncelle résonne au quatrième acte, ce n’est que
le compositeur que l’on peut congratuler… »
Bon, àvous de vous faire une idée en
regardant Arte. Ce que j’ai entendu sur les différentes vidéos, c’est que cet
opéra, en langue française, est chanté, ici, à Paris, dans une non-langue – une bouillie
peut-être – par une Ebolie qui a pourtant un certain panache. Mais quand on est
pas capable de prononcer notre langue, on de chante pas Don Carlos de
Verdi.C’est vrai qu’il y a Kaufmann… J’espère
qu’il a repris ses esprit et qu’il sera à la hauteur… parce qu'aujourd'hui, des jeunes ténors attachants et convaincants, il y en a quelques uns !
Ce soir 20h55, Arte… à ne pas manquer ou à fuir… mais quand même, par curiosité...
Le
10 octobre 1813, il y a 204 ans aujourd’hui, naissait aux Roncole le
compositeur italien Giuseppe Verdi.
Son œuvre, composée essentiellement d’opéras,
unissant le pouvoir mélodique à la profondeur psychologique et légendaire, est
l'une des plus importantes de toute l'histoire du théâtre musical…
Le
vide… c’est l’impression qui me reste ce matin et peu d’autres choses
étonnantes.
Que
venait faire dans ce programme Verdi/Wagner, cette symphonie de Mozart qui,
bien qu’elle soit la célèbre 40 en sol mineur, a été jouée proprement, dans
le respect de partition de l’éditeur ? Mais il a été difficile de savoir
ce que voulait le chef. Style baroque, style classique, style romantique,
style coup de point ? Je crois bien qu’il ne voulait rien, et Mozart
n’en est pas sorti grandi. Et l’ennui a fait son apparition…
Que
venait faire ce supposé immense et grandiose baryton-basse, sinon de la
figuration, puisque je ne l’ai pas entendu et qu’il a persisté à
« chanter » - je dirais plutôt vociférer – pour les places numéros
impairs alors que j’étais du côté pair ? Iago ce ne peut être que des
cris effrayants, c’est surtout la perversité susurrée, entrecoupée d’éclairs
fulgurants. Falstaff, ce n’est pas un comique de cirque. C’est une énorme
corpulence qui souffre de ne pouvoir séduire les femmes. C’est un frère du
clown triste et non pas un bonhomme qui s’en fout et qui chante à tue-tête
parce qu’il est bien payé, ici à tue-tête dans le silence de sa voix parce
que couvert sans cesse par la tonitruance superbe de l’orchestre.
Pourquoi le jeune chef – il y a plus jeune – a-t-il dirigé – assez bien –
sans se poser la question de l’équilibre sonore qui hier était totalement
absent.
Depuis le départ de Jun Märkl, l’orchestre est devenu transparent, sans
expression, sans vie, sans âme, sans personnalité, surtout et avant tout chez
les cordes qui se sont laisser complètement bouffer par l’incroyable
virtuosité et musicalité des bois et des cuivres. Ce sont des supers
champions qui ravagent tout en jouant et je me sens obligé de mentionner
l’inégalable jeu technique et l’incroyable beauté sonore de la nouvelle jeune
« Première hautbois solo ».
L’Orchestre national de Lyon se doit d’avoir un chef permanent, un grand, un
solide, un révolutionnaire qui puisse en réveiller certains. Je ne sais pas
si une nomination est bientôt effective, mais je sais qu’il est temps d’oublier
l’ère Statkin…
Le 11 mars 1867, il y a 150 ans
aujourd’hui, était créé à l’Opéra de Paris, « Don Carlos », opéra de Giuseppe Verdi. Don Carlos
fut jugé comme une œuvre différente de ce que Verdi avait écrit jusqu’alors. On
admirait – ou on détestait – ce qu’on percevait comme de nouvelles inventions
harmoniques, inconnues de ses opéras antérieurs ; et surtout, la manière
nouvelle de traiter la mélodie qui a beaucoup surpris à l’époque. Donc, dès la création,
on voyait en Don Carlos quelque chose de nouveau par rapport à avant,
même si (avec le recul historique) ce n’était pas exactement justifié…
Peter Konwitschny (regie)
Werner Hintze (dramaturgie)
Johannes Leiacker (Bühne)
Ramón Vargas (D. Carlos)
Iano Tamar (Elisabeth)
Alastair Miles(Philipe II)
Simon Yang (Le grand Inquisiteur)
Chor und Orchester der Wiener Staatsoper
Bertrand de Billy
2004
Pour aborder « Don
Carlos » :
Même si Verdi a remanié son opéra à
plusieurs reprises et a accepté de transformer sa version originale en langue
française, en 5 actes et 1 ballet en plusieurs versions en langue italienne
traduite de la version française, en 4 ou 5 actes tronqués, sans ballet et dans
un esprit totalement différent, le vrai et authentique « Don Carlos »
se retrouve dans les versions suivantes :
- Vinyle ou CD – John Matheson, BBC
Concert Otchestra, Joseph Rouleau, André Trump, Robert Savoie, Edith Tremblay,
Michelle Vilma. Version intégrale en français avec ballet. Superbe de fidélité
et de conscience par rapport au texte. Français impecable…
- DVD – Bertand de Billy, Chor und
Orchester der Wiener Staatsoper, Ramon Vargas, Iano Tamar, Nadja Michael, Bo
Skovhus, Alastair Miles. Version intégrale en français avec ballet conçu selon
Freud. Spectacle de folie auditive et visuelle, décalé, admirable en tous
points et que Verdi aurait vénérée…
- DVD – Antonio Pappano, Chœur du
Théâtre du Châtelet, Orchestre de Paris, Roberto Alagna, Thomas Hampson, Karita
Mattila, José Van Dam, Waltraud Meir. Version intégrale en français sans le
ballet. Version sage qui aurait pu être proprement miraculeuse par la direction
et la distribution vocale si la présence d’Alagna, pitoyable dans tous les
sens, ne venait pas anéantir ce qui aurait dû être une référence absolue…
Le 15 février 1845, Il y a
172 ans aujourd’hui, était créé à la Scala de Milan, « Giovanna d’Arco », opéra de Giuseppe Verdi. Sans doute blessé par l’accueil mitigé que la critique réservait
à sa Giovanna d’Arco, Verdi n’hésita
pas à soutenir dans une lettre qu’il s’agissait là de « son meilleur opéra ». Il faut oublier la
Jeanne d’Arc à laquelle nous ont habitué les livres d’histoire pour se laisser
emporter par une œuvre recelant des pages d’une évidente beauté. Verdi se
montre pleinement à la hauteur du surnom que lui donnait le public
milanais : « maestro del coro »…
Il
est cerné. Il est matraqué. Il est répudié. Fenech, son copain épisodique,
appelle publiquement à tourner la page : « Nous ne pouvons pas continuer avec un candidat en extrême
difficulté. Je considère que les événements qui viennent de se
produire rendent caduques l’élection primaire. » Eric Brunet, le
journaliste attitré des LR, se dit consterné. Il dit même avoir pleuré à la
lecture du Canard enchaîné de ce
matin. Les élus LR viennent se prononcer pour une alternative à sa candidature.
Les français ont encore été baisés par ses belles paroles et par l’affirmation
de son honnêteté et de son intégrité. Les sommes gagnées - on ne sait trop
comment - se comptent par millions et ne cessent de progresser. Français – oui,
vous - puisque vous tenez à garder votre Roi, avant d’élire le prochain,
vérifiez son compte en banque, le nombre de ses châteaux, de ses bateaux, de
ses avions, de ses autos et de ses valets. Si la valeur totale de ses biens
dépasse 2 500 euros mensuels, vous pouvez être assurés que votre candidat est
un bel enculé. Alors faites comme moi. Restez chez vous et réécoutez la version
intégrale en français de Don Carlos
de Verdi, vous comprendrez alors que le pouvoir – d’où qu’il vienne – n’est pas
compatible avec votre honneur d’être humain.
Le
27 janvier 1901, il y a 116 ans aujourd’hui, décédait à Milan le compositeur
italien Giuseppe Verdi. Il était âgé
de 87 ans. Son œuvre, composée
essentiellement d’opéras, unissant le pouvoir mélodique à la profondeur
psychologique et légendaire, est l'une des plus importantes de toute l'histoire
du théâtre musical. Il est l’un des compositeurs d’opéra italien les plus influents du XIXe siècle,
influence comparable à celle de Bellini,
Donizetti, Puccini
et Rossini. Ses œuvres sont fréquemment jouées dans
les opéras du monde entier et, dépassant les frontières
du genre, certains de ses thèmes sont depuis longtemps inscrits dans la culture
populaire comme « La donna è mobile » de Rigoletto,
le « Brindisi » de La
traviata, le « Va, pensiero » de Nabucco ou
la « Marche triomphale » d'Aida. Les opéras de Verdi
dominent encore le répertoire de l'art
lyrique un siècle et demi après leur création. Visionnaire et engagé
politiquement, il demeure, aux côtés de Garibaldi et Cavour,
une figure emblématique du processus de réunification de la péninsule
italienne, le Risorgimento…