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jeudi 13 avril 2017

vu à travers le tube @ ça passe ou ça casse… ça ne passera pas !


Opéra de Lyon, Tristan et Isolde 2017
Et ben voilà que j’apprends que la Tchétchénie torture les homosexuels dans des camps de concentration, que le QG de Marine a été incendié, que la Corée du Nord a un site d’essais nucléaires amorcé et prêt à servir, que le Roi de France dénonce le péril Mélenchon, que Mélenchon dit que nous allons cracher du sang, que Poutine bloque l’enquête sur l ‘attaque chimique en Syrie, qu’on a volé des lunettes de soleil à Grésy-sur-Aix, que les banquiers prédisent un cataclysme suite à la percée de Mélenchon, que Bison Futé prévoit une circulation difficile pour le week-end de Pâques, qu'Erdogan sera nommé dictateur à vie par son peule dès ce dimanche,  que les cloches vont partir pour Rome et revenir, que les artistes de l’opéra de Toulon sont en grève, que la France va nommer un nouveau Roi dans dix jours alors qu’elle lui a tranché la tête comme un vulgaire saucisson, il y a 228 ans…

Si je n’étais pas en fin de parcours et si je n’en avais pas vu de toutes les couleurs, je serais atterré. Mais, si ma jouissance sublime c’est de vociférer toute la journée pour toutes ces choses sans importances, mon bonheur c’est que j’ai savouré – une dernière fois sans doute –, il y a huit jours exactement, les délices suprêmes du « Tristan et Isolde » de Richard Wagner de l’Opéra de Lyon où je n’y ai vu aucun homme, aucune femme, aucun signe de débilité monstrueuse - comme vous l’avez lu au début de ce texte -, mais des formes légères et vaporeuses glisser sans jamais se rencontrer, me guider jusqu’à cette sublime mort uniforme et apaisante à tout jamais où enfin les choses savent s’immobiliser pour écouter le silence époustouflant de la musique imaginée par une pensée lucide et hors du temps qui tourne très justement le dos à l’homme et à son incommensurable connerie...


vendredi 7 avril 2017

vu à travers le tube @ mes héros et ma jouissance…


Paradigme de la jouissance 2 : Victimes du langage par Caroline Doucet
Les trois héros de la semaine : Trump pour sa juste cible, Poutou pour sa langue de chair, l’Opéra de Lyon pour son miraculeux et immortel « Tristan ». Les restes, je m’en fous…

Cependant, je remarque, avec un plaisir non dissimulé, que le voyou et exécrable Fillon est rattrapé par le bougon Mélenchon. Mélenchon, je m’en fous. Mais la décapitation de Fillon – au sens figuré comme au sens propre – est – pour moi - une jouissance – au sens propre comme au sens figuré - rarement atteinte…


jeudi 6 avril 2017

le puits au fond du jardin @ la non-rencontre d’isolde et de tristan… à l’opéra de lyon (5 avril 2017)


Opéra de Lyon. Architecte : Jean Nouvel
La légende le dit : Isolde rencontra Tristan. La légende ne le dit pas : ils ne s’aimèrent pas, ne se marièrent pas et n’eurent pas d’enfants du tout. Et au génie – impitoyablement démesuré - de Richard Wagner, se superposèrent la terrifiante beauté de la mise en scène qu’Heiner Müller – décédé en 1995 – avait réalisé en 1993 pour Bayreuth et la cohésion magique et magnifique qu’Hartmut Haenchen réussit à imposer entre les artistes, le chœur et l’orchestre de l’Opéra de Lyon qui une fois encore a misé sur l’originalité, la remise en questions et la qualité exceptionnelle et quasi permanente de toutes ses productions.

Ce n’est que l’erreur d’un filtre, celui de l’amour en place de celui de la mort, ce qui est identique, qui installera l’illusion d’un lien passionnel entre Isolde et Tristan et c’est ce lien qui les anéantira en anéantissant le monde. Et Müller nous le dit avec force en plongeant ses personnages minuscules engloutis dans la vague tumultueuse d’un destin inexorable – évacuant l’illusoire libre-arbitre inventé par la fiction – symbolisé par un gigantesque cube engloutissant aussi le public et l’attirant hypnotiquement dans le cimetière de la désolation. Tristan ne rencontrera jamais Isolde. Isolde ne rencontrera jamais Tristan. Ils ne sauront jamais s’ils se sont aimés. La mort en série interrompra toutes tentatives  d’humanisation, mot illusoire, comme est l’homme et sa vie.

Et Haenchen, de sa baguette magique – comme Tristan est entré au cimetière – va poursuivre durant plus de quatre heures un discours cohérent où pas un seul atermoiement, pas un seul effet discordant, martelant et heurté, ne vont perturber le cours de ce long fleuve tranquille d’épouvante et de magie d’émerveillement jusqu’à l’accord final où Isolde dans son délire, nous laisse dans l’abandon le plus démuni. A Richard Wagner le mot de la fin : pourquoi tous ces mensonges qui sont devenus le moteur de la vie ?