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dimanche 17 décembre 2017

herbes folles




herbes folles
doigts courants
sur le noir et blanc
des bécarres et bémols

pliez sous le vent
qui chante les mélodies
surgies des mélancolies
des troubles naissants

j’ai vu ses doigts courir
des toniques aux sensibles
dévoilant l’impossible
jouissance du pire

j’ai entendu le big-bang
de la volupté des sens
réveiller mon impuissance
devant le génie de Wang

hG

lundi 27 novembre 2017

t'a-t-on dit...




t’a-t-on dit
que tu es un porc
parce que ton corps
est pourvu d’un épi

t’a-t-on dit
que ton épi se dresse
parce que sa détresse
est le moteur de ta vie

t’a-t-on dit
que c’est la liberté
que tu dois trouver
pour vivre la vie

que ton corps enserre
et que tu dois tuer
pour pouvoir libérer
celle qui t’est si chère

hG

jeudi 23 novembre 2017

tige herbe folle





tige herbe folle
recouvre la terre
rejoue le b-moll
surgit de la mer

mère indécente
qui pond à merveille
recouvre de cendres
l’objet de ton sommeil

étend ton corps de chair
sur le bûcher de ton maître
sachant que tu auras fort à faire
pour terrasser le traitre

pense ta pensée
oublie de t’agiter
c’est le lien qui est création
fondateur de ton imagination

hG

dimanche 17 septembre 2017

la femme à la bûche...






la femme à la bûche
près de la cheminée
égrène les identités
des codes qui trébuchent

les mots sont usurpés
par ceux qui les prononcent
au travers des meutes de ronces
pour choir dans les fossés

les mensonges boutés par la vague
engloutissent les pensées
qui hors des vérités
périssent par la dague

nous sommes et ne sommes pas
traversons sans bouger
si nous savons discerner
ce qui est et ce qui n’est pas

hG

jeudi 14 septembre 2017

la brume s’est épaissie...







 
la brume s’est épaissie
elle a troublée ma pensée
quand le voile s’est levé
sur l’étendue de ma naïveté

J’ai cru que les bébés
naissaient dans les jardins
arrosés d’une foule de grains
trempée dans la rosée

c’est lorsque j’ai lu
les vers terrifiants de Wagner
que surgirent les éclairs
qui me rendirent la vue

c’est Wotan le dieu des dieux
qui du donjon de son château
où croupissent les corps des héros
parsème son sperme dans les creux

des jambes écartelées
des femelles humaines
qu’il a forgé dans la haine
pour se venger de son inutilité

je ne crois plus aux choux
et roses éjecteurs pulsionnels
géniteurs de corps sans ailes
où pullulent les germes fous

hG

lundi 11 septembre 2017

l’écran blanc...






l’écran blanc
des salles obscures
dessinent les ruptures
des miroirs d’antan

Une trace une ligne
un trait rouge de sang
réveillent les serpents
grouillants dans les vignes

Bacchus triomphant
l’écran se déchire
sur les ruines de l’empire
foudroyé dans l’instant

hG

jeudi 7 septembre 2017

lune cachée derrière...






lune cachée derrière
le rouge du rideau
qui descend sur les tombeaux

jette ta lumière
sur les chairs gisantes
grises et terrifiantes

pénètre leurs corps
de ton rayon suave
balayant sa bave

tout au long du charnier
amoncelé de cadavres
étendus sur le marbre

lune étend ton arme
sur l’absurde illusion
de ce monde sans ambition

hG

samedi 26 août 2017

lumières blanches...





lumières blanches
tombant sur le sol
glaçant les tournesols

lissant les moulures
des plaintes des cimetières
coulées dans la verrière

ombres des obscurs
étendant leur voile granité
sur les corps recroquevillés

là tu m’appelles
et tu m’aspires
ô gracile vampire

hG

jeudi 17 août 2017

helmut me regarde...




Helmut me regarde
enfoui dans son manteau de loutre.
J'aimerais qu'il me parle pour entendre
son tendre accent car je me sens si seule
dans mon tailleur.
Il fait froid, que cette soirée d'opéra
est longue.
Helmut est compositeur
de musique contemporaine.
La salle se vide au fur et à mesure,
dans sa fourrure Helmut sourit,
c'est ça sa vie.
A la fin, Helmut me dit : ì on y va".
Je ne sais pas où on va.


Françoise Geslin

samedi 5 août 2017

con large comme un estuaire...






Con large comme un estuaire
Où meurt mon amoureux reflux
Tu as la saveur poissonnière
l’odeur de la bite et du cul
La fraîche odeur trouduculière


Femme ô vagin inépuisable
Dont le souvenir fait bander
Tes nichons distribuent la manne
Tes cuisses quelle volupté
même tes menstrues sanglantes
Sont une liqueur violente


La rose-thé de ton prépuce
Auprès de moi s’épanouit
On dirait d’un vieux boyard russe
Le chibre sanguin et bouffi
Lorsqu’au plus fort de la partouse
Ma bouche à ton noeud fait ventouse.



Guillaume Apollinaire

lundi 31 juillet 2017

les brumes de l’étang





les brumes de l’étang
étendent leurs voilures
dans les embouchures
des trompes de Satan

Lucile s’y faufile
s’y glisse en ondulant
dans le tube rougeoyant
qui conduit à l’idylle

en agile sirène
elle monte les ténèbres
jusqu’au croisement célèbre
de la mise à mort dans l’arène

surgit la lumière foudroyante
que traverse le pieu
dans l’incandescence des dieux
qui terrorisent les prières

ainsi est érigé
le comble de l’ignominie
celui qui se dit vie
l’homme statufié

hG

jeudi 27 juillet 2017

triste dans le bois...



triste dans le bois
Julie a froid
sans son manteau noir
perdu dans le noir

la porte rouge
s’ouvre et bouge
fermant le sentier
d’un tas de fumier

un mental camarade
joue au carnaval
et règle la chaudière
soudée dans la pierre

ce soir c’est tranquille
dans le puits puéril
où Julie s’est jetée
nue et violée

hG

mercredi 19 juillet 2017

homme de génie




homme de génie
tu te crois créateur
alors qu’affabulateur
tu n’es que mépris

tu te crois créateur
d’un ouvrage divin
alors qu’en ton sein
tu n’es qu’un imposteur

c’est ta pensée
qui règle ton dessin
et tu n’est pas souverain
de l’objet de tes idées

tu nages dans le déni
tu crois ce qui n’est pas
et tu cadences ton pas
sur celui de l’ennemi

pauvre marionnette
qui subit les ficelles
de ceux qui coupent les ailes
de ce qui te reste de miettes

hG
Contes de la misère

dimanche 18 juin 2017

suis-je moi encore




suis-je moi encore
moi qui cède au regard
du reflet de mon miroir
en dedans et en dehors

ai-je de moi perdu
marchant sur les sentiers
craquelés détournés
de rebuts en rebuts

les têtes pantelantes
les ventres découpés
les cuisses écartées
les soifs indécentes

hantent mes pensées
qui se volatilisent
au gré des brises
narguant ma destiné

je suis né contre mon gré
du ventre d’une femme
dodécaphonique gamme
à qui je n’ai rien demandé

hG

samedi 3 juin 2017

l’enfance conditionnée





l’enfance conditionnée
est-ce défaut 
le réel comme peau
naufrage les murs d'eau
se retire des morts épargnés
une barque rouge
une autre
était
cette vague
la faute à l'infirmité

hG

vendredi 26 mai 2017

défile la bobine






défile la bobine
images en noir et blanc
qui griffonnent l’écran
et caresse l’échine

meut le mouvement
des ombres et lumières
volées aux cimetières
grouillants de vers luisants

j’ai peur je me recroqueville
le vent glace mon sang
vampires et noirs satans
logés dans ma coquille

surgissent dans la nuit
les ombres des tombeaux
affrontant les corbeaux
qui nichent dans les puits

allongé et gisant
je vois dans ma terreur
la statue du commandeur
ériger sa flûte de pan

gronde l’orage vengeur
qui trempe les os craquelés
des morts vifs écorchés
sur les tapis de sueur

assis sous l’écran blanc
je regarde la bobine
s’épuiser dans les abîmes
des ciné-films pantelants

hG

samedi 20 mai 2017

j’ongles très longs




J'ongles très longs de dormir en Rimbaud, mangeant des boules dogmatiques. J’accent sur les choses timorée que le jeune homme apprend. Une biche, dame à jupe fendue, ne me dit rien qui vaille sur un coq. Je te mets en garde : bon à bouffer seulement. Ils m'écrivent par épuisement le reproche qu'on peut lui faire. Un trou derrière c'est mortuaire au possible. Te photographier dans un hôpital va être demain…

hG