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vendredi 20 octobre 2017

vu à la télé @ arte, « don carlos », opéra de verdi, ou le massacre d’un chef d’œuvre…




Ils s’y sont tous mis – télé, opéra de paris, chef d’orchestre, metteur en scène – pour dénaturer ce chef d’œuvre de Verdi et obliger le public à retourner aux versions troquées et médiocres en langue italienne. D’abord et en tout premier, l’incompétence criante d’un chef complètement paumé, hors du coup, étranger au compositeur et incapable de coordonner le plateau et la fosse. L’orchestre couinait comme les pitoyables fanfares des villages les plus reculés et on ne peut pas dire que la subtilité, le phrasé, la respiration et les mouvements saccadés avaient un rapport avec la partition. Ensuite et pratiquement à égalité, le metteur en scène qui a pondu une suite de laideurs que jamais je n’aurais pu imaginer, des couleurs repoussantes, des décors de bric et de broc, des chanteurs-acteurs – acteurs est très abusif – livrés à eux même ne sachant que faire, les bras ballants et le regard hagard, ayant adopté – faute de chef d’orchestre et de directeur de la scène – le chacun pour soi. Et enfin la télé – Arte- dont la réalisation a été une des plus mauvaises, du jamais vu dans la retransmission de l’opéra, avec des plans hors-sujet, des superpositions de laideurs d’image qui ont dû faire fuir plus d’un téléspectateur. Je suis parti au début du 2e acte, le premier ayant failli me porter à la crise cardiaque tellement ma fureur était grande. En fait je n’ai pas reconnu mon opéra préféré, alors que je l’ai en mémoire depuis l’âge de 16 ans et que j’en possède de multiples versions d’une toute autre qualité. Dans la soirée je suis repassé deux ou trois fois et ma conviction n’a pas changée. Les seuls moments d’émotion, je les dois au génie de Verdi et peut-être à mon cerveau qui transposait la bouillie parisienne en extraits de mes différents enregistrements. Dans ce chaos mémorable, il m’a semblé que les deux dames auraient pu être sublimes si… Du côté des messieurs je n’ai rien remarqué… il y a tellement mieux. Et puis, il faut bien le dire, Kaufmann n’avait rien à faire ici. Il n’a plus la voix. Il n’est pas le personnage. Je ne peux croire ce que j'ai vu et entendu...




jeudi 19 octobre 2017

opéra télé @ arte, 20h55, ce soir un « don carlos » a découvrir ou à fuir… en faux-direct comme toujours…




Ce Don Carlos – version originale de Verdi composé sur un livret en langue française - est un pur et immense chef-d’œuvre et les versions italiennes – Don Carlo - toutes confondues font pâles figures. Pour être convaincus écoutez la version Matheson ou la version De Billy (avec l’image) et vous vous débarrasserez des autres versions. La version Châtelet aurait pu être magnifique malgré quelques coupures, mais Alagna est tellement pitoyable – comme à son habitude -, que le spectacle est gâché.

Ce soi je vais regarder et écouter pour m’informer. Mais mon bonheur, c’est la version lyonnaise qui aura lieu en mars, parce que dans cette ville on peut faire confiance à l’innovation et à la qualité. Et comme ce n’est pas moi qui le dit, je vous donne avec grand plaisir la critique de ResMusica en qui je fais généralement confiance et qui rejoint le sentiment que j’ai sur le chef de l’Orchestre de l’Opéra de Paris. Il est vrai que j’ai beaucoup fréquenté son père Armin qui était d’un autre gabarit : « On attendait le scandale sur le plateau, c’est dans la fosse que finalement on le trouve. Ou peut-être dans cette salle de l’Opéra Bastille qui offre une ovation tonitruante à un chef ayant transformé sans complexe la musique de Verdi en une pompeuse fanfare. L’introduction, puis le chœur des bûcherons et de leurs femmes, incompréhensible et noyé par ce tsunami orchestral… On s’accroche à notre fauteuil dès les premiers instants tellement le choc est grand. Comme si pour écrire une lettre d’amour, Philippe Jordan avait opté pour un feutre Velleda (qui bave !) au lieu d’une pointe fine. C’est grossier (cuivres), c’est maniéré (quand se terminent ces silences ?), c’est incohérent (les trompettes au duo Rodrigue/Carlos), c’est rigide (un peu de rubato peut-être ?)… Mais Verdi reste Verdi, et lorsque le sublime solo de violoncelle résonne au quatrième acte, ce n’est que le compositeur que l’on peut congratuler… »

Bon, à  vous de vous faire une idée en regardant Arte. Ce que j’ai entendu sur les différentes vidéos, c’est que cet opéra, en langue française, est chanté, ici, à Paris, dans une non-langue – une bouillie peut-être – par une Ebolie qui a pourtant un certain panache. Mais quand on est pas capable de prononcer notre langue, on de chante pas Don Carlos de Verdi.  C’est vrai qu’il y a Kaufmann… J’espère qu’il a repris ses esprit et qu’il sera à la hauteur… parce qu'aujourd'hui, des jeunes ténors attachants et convaincants, il y en a quelques uns !

Ce soir 20h55, Arte… à ne pas manquer ou à fuir… mais quand même, par curiosité...