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vendredi 11 août 2017

mickey à travers les siècles @ daumier condamné pour outrage au roi


Daumier, Gargantua


Paris, 17 décembre 1831

Il faut frapper vite et fort ! Exédés par les attaques continuelles des caricaturistes, les ministres et les conseillers pressent le roi de traîner le plus doué d’entre eux, Honoré Daumier, devant les tribunaux. Le prétexte est tout trouvé : il a publié il y a deux jours une lithographie intitulée Gargantua, représentant Louis-Philippe en ogre engloutissant les trésors du pays. Les inculpations d’excitation au mépris du gouvernement et d’offense à la personne du roi lui vaudront à coup sûr six mois de prison et 500 F d’amende. Les autorités sont d’autant plus décidées à agir que la lithographie, dont le petit peuple raffole, est devenue en peu de temps une arme redoutable. Daumier, qui s’est fait une grande réputation dans cette technique nouvelle, met son immense talent au service de sa haine pour le roi, qu’il tient, comme beaucoup, pour un usurpateur.

avec la complicité des Editions Chroniques  


mardi 4 juillet 2017

mickey à travers les siècles @ moriceau pendu pour lèse-majesté


Le 28 mars 1757, Damien qui avait tenté
 d'assassiner Louis XV fut torturé devant la foule,
place de Grève, avant d'être écartelé.


Paris, 11 septembre 1758

Le sieur Moriceau de La Motte a été pendu en place de grève. Quelques mois plutôt, il avait diné dans une auberge de la rue Saint-Germain. Et là, devant témoins, il avait tenu des propos enflammés sur Damiens et contre le roi. Dénoncé, arrêté, il a été soumis à la torture. Peu après, la police a découvert chez lui des libellés séditieux. Ainsi, pour quelques propos d’après-boire, Moriceau, huissier des requêtes, est condamné à la pendaison : édifiant exemple pour qui serait tenté de contester le pouvoir royal.

avec la complicité des Editions Chroniques


mardi 30 mai 2017

mickey à travers les siècles @ la provocation d’andré gide




Paris, 16 juillet 1914

Il ne suffit plus à l’ « immoraliste » André Gide d’avoir fait l’apologie du plaisir : le voilà qui prône désormais le crime, l’acte gratuit par excellence, que comme son héros Lafcadio dans Les Caves du Vatican ! Tout au long de cet intrigue fantaisiste aux allures d’enquêtes policières, Gide n’épargne personne. Le monde des dévots comme celui des truands et la cible de son jeu de massacre iconoclaste. Suprême audace, il précise au lecteur : « Ceci n’est pas un roman. » Pour ce divertissement allégorique et satirique, il préfère en effet le nom de « sotie ».

avec la complicité des Editions Chroniques

 


dimanche 12 mars 2017

mickey à travers les siècles @ le droit au divorce est supprimé




Paris, 8 mai 1816

La nouvelle Chambre veut effacer tout ce que la Révolution a apporté comme transformations politiques et sociales. Elle a donc aboli le droit au divorce par 225 voix contre 11, suivant en cela un projet de loi du vicomte de Bonald, déposé en décembre dernier. Le roi, toutefois, ne semble guère apprécier ce vote. Sa réaction s’exercera après coup et non sans humour. Aux ultras qui lui demandent de révoquer un préfet jugé trop libéral, il fait répondre : « Je ne puis plus m’en séparer, puisque le divorce est aboli ».

avec la complicité des Editions Chroniques


mercredi 8 février 2017

mickey à travers les siècles @ pétition pour l’égalité conjugale

« La Gazette des Femmes », un hebdomadaire de 16 pages qui parait tous les mercredis, avec une gravure illustrée et 16 pages de texte. Leurs bureaux se trouvaient rue de la Jussienne 11 à Paris. L'abonnement d'un an coutait 30 francs. Cet exemplaire est paru en 1837.


Paris, 1e août 1837

La Chartre de 1830 a consacré l’égalité de tous les français, et donc de toutes les françaises. Mme de Mauchamps, directrice de La Gazette des femmes, vient en conséquence de présenter à la Chambre une pétition visant à obtenir la suppression de l’article 210 du Code civil ainsi rédigé : « La femme doit obéissance à son mari. » Il lui semble illégitime qu’une moitié de la nation soit subordonnée à l’autre. L’article 212 du même code ne stipule-t-il pas que « les époux se doivent mutuellement, fidélité et assistance ? » On a objecté à Mme de Mauchamps qu’il était nécessaire dans le mariage qu’une volonté s’impose à l’autre, faute de quoi l’attelage tirant dans deux sens opposés risquait fort de verser…


avec la complicité des Editions Chroniques


mardi 7 février 2017

mickey à travers les siècles @ le scandale des « liaisons dangereuses »



Illustration de la lettre X des Liaisons Dangereuses, 1796


Paris, 25 avril 1782

En deux semaines, un officier inconnu, Pierre Choderlos de Laclos,  est devenu un auteur à la mode. Tout Paris ne parle plus que de lui et de son roman par lettres, Les Liaisons dangereuses. Mais cette célébrité sent le souffre. Les trois personnages principaux du roman, le libertin Valmont, la diabolique marquise de Merteuil et la naïve présidente de Tourvel, forment un trio infernal qui dérange les bonnes consciences. L’auteur n’affirme-t-il pas : « J’ai vu les mœurs de mon temps et j’ai publié ces lettres ! » Aussi, encensé par les uns, il est honni par les autres. En tout cas, le scandale ne nuit pas au succès de l’ouvrage : on s’est arraché les deux mille exemplaires !

avec la complicité des Editions Chroniques


jeudi 2 février 2017

mickey à travers les siècles @ paul lafargue, un agitateur efficace ?


Arch. FH. Le Père Peinard n°224 du 02/07/1893.


Amiens, 14 avril 1893

Le socialiste Paul Lafargue sillonne la région depuis plusieurs jours afin d’apporter le soutien du parti ouvrier aux tisseurs en grève. Ces derniers réclamaient l’application de la journée de 11 heures sans diminution de salaires. Lafargue envoya les femmes quêter dans les rues, provocant l’indignation et… leur arrestation aujourd’hui. Mais, dans sa lettre à Friedrich Engels, le compagnon de Karl Marx, Lafargue affirme que « la France est prête pour une révolte et n’attend que le mot d’ordre de Paris ».


avec la complicité des Editions Chroniques


lundi 30 janvier 2017

mickey à travers les siècles @ intrigues autour de la chambre royale



Marie Tudor en 1544 (28 ans)


Saint-Denis, 5 novembre 1514

Anne de Bretagne étant décédée, Louis XII s’est remarié le 7 octobre à Abbeville avec la jeune et séduisante Marie Tudor, sœur d’Henri VIII, auprès de laquelle, dit-on, il rajeunit de jour en jour ! Marie a été couronnée ce matin reine de France. Mais les rumeurs ont détournées les courtisans des réjouissances du couronnement. Le gendre du Roi éprouverait en effet un profond attachement pour la jeune épouse de ce dernier ! C’est que le coupable, François d’Angoulème est le probable successeur de Louis sur le trône de France, s’il ne commet pas d’impair… Louise de Savoie, la mère de François, a ordonné à sa bru, la princesse Claude, de ne pas quitter la chambre de la reine ! Sans doute, Louise a-t-elle ainsi sermonné son fils, lui faisant valoir les conséquences catastrophiques que pourrait avoir son attitude sur son avenir !

avec la complicité des Editions Chroniques


vendredi 27 janvier 2017

mickey à travers les siècles @ alliance contre nature à l’assemblée




Versailles, 10 décembre 1875

Le coup ne manquait pas d’audace et la manœuvre de cette nuit a été décisive pour l’avenir politique : avec l’accord de Léon Gambetta, la gauche républicaine et les bonapartistes se sont rangés aux côtés de l’extrême droite légitimiste pour barrer la route aux orléanismes… Et ces représentants de la droite conservatrice ont perdu sur toute la ligne. Leur but était d’obtenir dans un premier temps une majorité stable au Sénat ; après quoi, et en accord avec le président de la République, ils auraient fait peser sur l’Assemblée la menace d’une dissolution. Mais l’alliance des extrêmes s’est produite à la faveur de l’élection par les députés des soixante-quinze futurs sénateurs inamovibles. Le résultat se passe de commentaires : cinq sièges aux conservateurs et soixante-dix à l’opposition, dont dix pour les légitimistes. Mais, pour le moment, les vainqueurs ne regrettent pas leur alliance ; et, comme l’a expliqué le chef des légitimistes dans une lettre à L’Union : « J’aime mieux ceux qui nous combattent ouvertement, que ceux qui nous ont abandonnés, et qui, aujourd’hui, sollicitent l’abdication du roi. » 

avec la complicité des Editions Chroniques


mercredi 25 janvier 2017

mickey à travers les siècles @ voltaire, un jeune auteur qui dérange


 
Le complexe d’Œdipe
Fernand Khnopff, Des caresses, ou l'Art, ou Le Sphinx, 1896


Paris, novembre 1718

Décidément le thème d’Œdipe semble rester une source d’inspiration inépuisable pour les poètes. Voilà qu’après Corneille, un jeune auteur qui a déjà eu maille à partir avec la justice pour avoir commis des écrits peu révérencieux envers le Régent, se hasarde à confier son sort d’auteur dramatique à son interprétation  de ce mythe antique. Il a écrit cette pièce alors qu’il était embastillé et à en juger par la réaction du public, fort enthousiaste au demeurant, il semble que cette réclusion lui ait tenu lieu de villégiature. L’air renfermé n’a aucun effet sur son humeur frondeuse et sa verve satirique. Brillant élève de Racine et de Corneille, Voltaire excelle aussi dans l’art de manier la formulation à double entente et sa plume, taillée à l’école des jésuites, semble vouloir formuler avec Dieu et la diable.

avec la complicité des Editions Chroniques  



lundi 23 janvier 2017

mickey à travers les siècles @ louis napoléon bonaparte élu président


La Ménagerie impériale. Napoléon III, Le Vautour (Lâcheté - Férocité). Paul Hadol (Vers 1870)


Paris, 10 décembre 1848

Le triomphe est aussi éclatant qu’inattendu : par cinq millions et demi de suffrages contre moins d’un million et demi à Cavaignac, son principal adversaire, Louis Napoléon Bonaparte est aujourd’hui président de la République. Les électeurs ont misé sur ce prince qui s’était tenu à l’écart de l’agitation politique de ces derniers mois. Il arrive au pouvoir comme un étranger sans tache. Mieux, il s’est montré attentif aux problèmes sociaux et nombre d’ouvriers et de paysans le considèrent comme « le sauveur de la société ». Et puis la  nation en a assez de la République et des Bourbons, de l’incertitude et des changements continuels, des émeutiers qui ne désarment pas et des privilégiés qui attendent leur tour. Pourtant, la Chambre n’apprécie guère Louis Napoléon, avec sa démarche molle, son accent lourd, ses silences obstinés et son esprit compliqué. La presse ne l’a pas ménagé non plus et son grand nez de perroquet a fait la joie des caricaturistes. Mais Louis espère en son destin : son mépris des assemblés et de la monarchie constitutionnelle a rejoint l’opinion populaire qui n’a jamais cessé de glorifier le souvenir de son nom illustre.

avec la complicité des Editions Chroniques  



vendredi 20 janvier 2017

mickey à travers les siècles @ un nouveau rôle pour la pompadour



La marquise de Pompadour peinte en 1956 par François Boucher (1703-1770). Alte Pinakothek, Munich


Versailles, 8 février 1756

La famille royale est scandalisée. La marquise de Pompadour a été nommée dame du palais de la reine. Jusque-là, cet emploi était réservé à des femmes de hautes naissances et la reine s’était toujours montrée fort pointilleuse à ce sujet. Doit-on considérer cette nomination comme une retraite absolue, le roi n’honorant plus de ses faveurs la couche de cette dame, qui continue cependant d’exercer son influence sur lui ? Beaucoup pense qu’une nouvelle maîtresse est en vue. Désormais, la marquise exécute ponctuellement son service auprès de la souveraine, qui s’est presque fait tancer par son propre fils le dauphin. Ce dernier ne décolère pas de l’audace de son père et de la passivité de sa mère. Il va partout fulminant contre la Pompadour qu’il n’appelle plus que « Maman-Putain ».

avec la complicité des Editions Chroniques  


jeudi 19 janvier 2017

mickey à travers les siècles @ les malheurs de trois coquettes



Photo : « Indienne », costume dessiné par Martin pour ‘Les Indes galantes »


Saint-Malo, janvier 1740

Des agents de police ont arraché en pleine rue les robes de trois bourgeoises et ont traîné ces dames en chemise jusqu’à la prison. Aussitôt libérées, elles ont crié au scandale et toute la société malouine s’est indignée. Qu’ont-elles donc fait de répréhensible ? Elles portaient des robes joliment confectionnées avec de magnifiques étoffes indiennes dont la vente est interdite. Cette toile de coton, importée des comptoirs indiens, transite par le port avant d’être réexpédiée à l’étranger mais ne peut être vendue sur le territoire. L’Etat a multiplié les édits pour protéger les négociants français d’une concurrence sans pareil. Voilà pourquoi nos agents se sont lancés, avec zèle, dans cette nouvelle façon de courir le jupon. D’autres femmes, plus prudentes, prennent la précaution de cacher sous une cape cette étoffe magnifique.   

avec la complicité des Editions Chroniques